Pourquoi voyager seul(e) ?


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Oulala, dieu que c’est dur de prendre la décision de voyager seul(e), et je pense encore plus lorsqu’on est une femme ! L’art de la solitude est un art oublié dans nos quotidiens rythmés, tellement que même se retrouver bouquinant un livre en terrasse seul(e) peut être un moment anxiogène pour certain(e)s. Si c’est le cas, c’est le moment de prendre vos valises et de vous offrir une escapade avec vous même !

NB : Difficile de remarquer que la loutre écolo se reconvertie ces derniers temps en rédactrice voyage. C’est comme qui dirait, le mood du moment ! Après tout, dans une consommation différente, l’ouverture vers d’autres modes de vie n’est elle pas essentielle ?

Donc. La loutre, endossée de son sac à dos minimaliste de 30L, à 2 jours de vol de son chez elle, ne va pas cacher les premiers jours son flux émotionnel totalement instable, avec du « qu’est ce que je fous là? », du besoin obsessionnel d’avoir sa famille derrière son écran de smartphone puis dormir dans les aéroports (ou bus ou banc!), pleurer parce que vous êtes trempée par la pluie ou parce qu’on vous a vendu un ticket de spectacle qui n’existe pas (perte : 3€). « Ok, on se ressaisit! ». Instants de solitude profonde, remise en question, fatigue, déceptions, perte des repères, perte du confort… Ceci étant passé, votre voyage commence et seul(e), c’est carrément autre chose…

Voyager seul(e) pour voyager à votre rythme

Seul(e), vous faites bien comme vous voulez ! Envie d’être à l’autre bout du monde pour chiller et lire toute la journée, d’accord. Manger à 16h, d’accord. Attaquer une grande traversée du lieu où vous êtes à 18h après votre sieste digestive, d’accord ! Seul(e), il semblerait que vous lâchiez la pression et découvriez le fameux « Slow Travel », la vraie écoute de vos envies, de votre rythme, de votre propre énergie. Celle ci, n’est pas la même, elle est plus calme, plus douce. Vous n’avez personne pour vous rebooster, vous solliciter, pour vous mettre face à une certaine culpabilité inconsciente de vouloir être lent. Si vous êtes de nature hyperactive en mode « je suis là, je veux tout voir », c’est la même ! C’est des moments de liberté intense, ni réellement expérimentés ni pleinement vécus dans notre quotidien, « Pas le temps de m’écouter, j’ai des obligations tsé! ».

Voyager seul(e) pour voyager avec le reste du monde

Alors pour sûr, c’est compliqué seul(e). Vous pouvez partager vos moments extraordinaires uniquement qu’à travers des photos/vidéos, avec toujours ce sentiment de mal aise et cette vanité « regarde ce que je vis, c’est dingue! ». La distance montre l’importance de l’autre, des proches. Des moments de « galères » où vous ne comprenez rien, et où vous avez l’impression qu’on vous veut du mal ! Oui, l’être humain a besoin des autres et de liens sociaux. Alors seul(e), il se met en mode survie, et là ça devient beau ! Tout d’un coup, son cerveau décide d’apprendre une nouvelle langue comme s’il était nouveau né, vous vous détendez dans les relations, les rencontres, vous n’attendez des nouvelles que de l’instant présent puisque vous les savez éphémères. Plus de perte de temps, d’appréhensions ou de jugements, vous vivez pleinement les rencontres. Quelle jolie leçon pour nos quotidiens. Nous, avec cette timidité de la découverte de l’autre, avec l’attente de l’impossible ou aux grognements de sa différence. Seul(e) en voyage, vous ne l’êtes plus !
(Et passé un certain temps, c’est votre staff intérieur qui jacasse. A la Robinson Crusoé. A ce moment là, l’expression « elle n’est pas seule dans sa tête! » prend tout son sens ! Quoi ? Oui d’accord. Ça c’est une autre histoire !)

Voyager seule quand on est une femme

Cela me parait un petit passage important #loutrefeministe. J’en croise des backpackers seuls, des backpackeuses seules, c’est plus rare. Peur du danger ou (et surtout) peur de ne pas en être capable. Un sens de l’orientation douteux, un besoin de sécurité, de protection. Femme, nous nous devons d’être sur tous les fronts (bonne amie, bonne amante, bonne businesswoman, bonne mère). Par contre, on ne serait pas capable de se débrouiller seule avec une nouvelle culture, monnaie, langue, carte ?
Être égoïste et partir juste pour soi, c’est culpabilisant. Le vivre de manière légère, c’est déstabilisant. Et le faire à des milliers de kilomètres, c’est dangereux ? Voyager seule quand on est une femme rompt notre dépendance, éclate notre vulnérabilité et foudroie notre prétendue fragilité. Un beau chemin vers son entière féminité, puissante et sereine, non ?

Voyager seul(e) pour voyager à l’intérieur de vous même

Le meilleur pour la fin : Le voyage de soi ! Voyager seul(e), c’est un challenge émotionnel, vous êtes face à votre propre courage, vos limites et votre unique capacité à être maître de votre bonheur. Vous seul(e), décidez que le moment que vous vivez est beau, à trouver votre quiétude et votre apaisement, et ce sans repères. Vous réévaluez vos besoins vitaux, votre confort, vos essentiels pour votre quotidien. Le point sur ce qui vous paraissait toxique dans votre quotidien ou nécessaire sans en avoir jamais eu conscience. Jour après jours, vous développez une force intérieure, avec indulgence (parce que des fois vous avez testé et vous avez échoué !) et avec courage (parce que des fois vous avez testé et réussit !). Vous (re)découvrez la notion de foyer, de famille, d’amitiés, de racines, de culture.

Voyager seul(e) pour la première fois, c’est un sacré défi personnel. Le cœur battant comme jamais, c’est effrayant. On part vers l’inconnu, il fait peur. Puis tous ces doutes sur nos capacités… Alors on s’arrange sur une destination qui nous inspire confiance, sur un temps qui nous parait raisonnable. On dit qu’aprés on en revient différent. Oui ! On revient avec une quiétude salvatrice, une solitude libératrice et surtout, l’apprivoisement de cet inconnu : nous même.

Pourquoi voyager seul(e) ?

2 mots sur “Pourquoi voyager seul(e) ?

  • 4 décembre 2017 à 21 h 49 min

    Coucou Labelle Loutre,

    Joli texte de voyage intérieur…vas y fonce vers l’inconnu . ce qui nous manque c’est la foi et confiance du chemin….
    Biz
    Christine LABEDU

    Répondre
  • 5 décembre 2017 à 7 h 09 min

    Très bel article !! ❤

    Répondre

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