Littérature féministe : les 5 incontournables à lire – #pauseslettrees


sélection littérature féministe
Votre loutre estime votre temps de lecture à : 7 min

Enfin, La loutre sort sa petite sélection de littérature féministe ! Rien que ça. Le paradoxe de rédiger sur un blog au ton léger, healthy et girly, au discours de jeune trentenaire sur l’écologie. Je suis la première à m’amuser de cosmétiques dans des touts petits pots tous mignons et d’astuces de parfaite petite ménagère bobo ! Alors, je me regarde, décriant dans « la real life », haut et fort des différences sexuées, des stéréotypes portés depuis des siècles autant que d’être en lutte avec soi-même et avec nos histoires culturelles. Today is the Big Day, La loutre pose ses lectures pref’ pour comprendre notre « condition ».

Postulat de départ, qu’on se le dise : Je ne suis pas pour les femmes. Je suis pour la parité. Je ne suis pas pour la théorie du genre, je suis pour l’apprentissage d’une individualité asexuée. Je ne suis pas une féministe engagée, je suis un pur produit de notre société, avec ses paradoxes et ses luttes. Enjoy !

« Les hommes aux travaux extérieurs, et les femmes à l’intérieur. Histoire de génétique n’est-ce pas ? »

– Elena Gianini Belotti

#1 : Deuxième Sexe – Simone de Beauvoir

On parle de modernité non ? D’accord, elle a bercé les féministes de plusieurs générations ! Néanmoins, Simone a su rester dans l’air du temps. Un classique que l’on est obligé de citer tant par la puissance de ce qu’elle décrit que par la force que ces lignes peuvent nous procurer. Du fatalisme « nominatif » à la génétique, dans deux beaux tomes (aux passages parfois indigestes et autres galvanisants), elle tire un constat intemporel sur nos conditions féminines et nos relations hommes-femmes.

#2 : La Chair interdite – Diane Ducret

Le choucou de votre Loutre en matière de féminisme. Diane Ducret retrace avec humour et pertinence l’histoire de la femme à travers ce qui nous différencie de l’homme : notre sexe. Du Moyen-Age et ses culottes de chasteté, à l’ablation du clitoris pour ses femmes hystériques au plaisir, ou à la lubie de Freud sur les poils et la pureté (#merciBobby !) à la guerre du sexe des femmes en Occident.

« Chair interdite depuis la naissance de la civilisation, le sexe des femmes attise le désir autant que la haine. Jusqu’à nos jours, tantôt exilé, maudit, conspué, tantôt mutilé autant qu’embrassé, il aura toujours quelque chose à se reprocher (…) tandis que certains hommes, certaines politiques ou religions tentaient de lui prescrire leurs volontés, leurs fantasmes, leurs interdits« .

Une réelle pépite historique, à laquelle vous ne pourrez prendre que « votre claque » tant les interdits, les « dégouts » et les différences d’aujourd’hui s’expliquent depuis la naissance de l’humanité…

#3 : Beauté fatale, Les nouveaux visages d’une aliénation féminine de Mona Chollet

Dans les années 20, des traités de « bonnes tenues pour les jeunes femmes » existaient déjà. Aujourd’hui, la femme est devenu un produit. Soutiens-gorge rembourrés, obsession de la minceur et de la jeunesse, banalisation de la chirurgie esthétique, Mona Chollet nous livre son étude à travers les discours publicitaires et télévisés, la « tyrannie du look » ou comment les industriels ont crée le « complexe mode-beauté ».

« Dans les médias pour adolescents, les seules femmes misent en vedettes, ce sont les actrices ou les mannequins. Forcément leurs lectrices en déduisent que c’est cela, la réussite d’une femme ».

Une lecture contemporaine avec « des références qui parlent » : Mad Man, Gossip Girls, Sofia Coppola, Marion Cotillard, Marie-Clair, Chanel… Une logique sexiste, un matraquage de normes inatteignables, une anxiété constante réduisant de la femme à un consommable séducteur.
Toute la sphère médiatique et culturelle en prend pour son grade et ça fait du bien !

Elena Gianini Belotti le signalait déjà par l’éducation « des filles éduquées pour être mignonnes, coquettes et agréables à habiller » et Simone par la sociologie : « l’homme voit, la femme est vue ». Mona rajoute actualités et faits mercantiles à cette évolution.

En plus, L’éditeur hyper sympa, permet même sa lecture en ligne gratuitement : Lire le livre

#4 : La Domination masculine de Pierre Bourdieu

Et un homme ! Alleluia ! Il va offrir son étude sous un prisme différent. Jeux de dominations physiques, sexuelles, sociales, pression du rôle de l’enfant puis de père, domination acceptée de la femme (« Implication bénévole des femmes de petites bourgeoisies, salariat en complément et compatible à celui de l’époux »), Pierre Bourdieu, sociologue reconnu nous livre son analyse juste sur ces liens et ces enjeux qui unissent ces deux sexes.

« Les travaux sérieux sont réservés aux homme, mais on oublie que l’homme est aussi un enfant qui joue à l’homme« .

#5 : Du côté des petites filles d’Elena Gianini Belotti

Pour finir, ce livre glané par hasard au détour d’une brocante, devenant une jolie surprise de littérature féminine et éducative. Elena Gianini Belotti était une pédagogue et auteur féministe italienne et Directrice du Centro Nascita Montessori. Elle publie en 1973 ce best seller retraçant ses études et constats sur les différences éducationnelles entre les petits garçons et petites filles, entre 0 et 4 ans, Point de départ de nos différences sociales.

« Les parents jurent parfois avoir observé un gout « spontané » pour certains loisirs, en oubliant combien l’acquis peut facilement se travestir en inné ». – Mona Chollet

Une lecture aux passages parfois d’un autre temps et à ceux encore d’une extrême actualité.

« Personne ne peut dire combien d’énergie, combien de qualité sont détruites dans le processus d’intégration forcée des enfants des les schémas masculin / féminin tels qu’ils sont conçus dans notre culture. (…) Lorsque les adultes prétendent que l’enfant fait lui-même ses choix concernant les jeux, ils ne tiennent pas compte du fait que, pour préférer un jeu à un autre, il faut nécessairement les avoir appris de quelqu’un. »

Sur ce ! Une sélection littéraire choisie pour sa justesse (#entoutehumilité), choisie parce que toute femme devrait comprendre ce que nous portons malgré nous, parce que tous les hommes devraient comprendre leurs places et les stéréotypes culturels qu’ils subissent également. Enfin, une sélection littéraire choisie parce que le ton n’est pas extrémiste mais ces études justifiées et documentées.

Vous en souhaitant à toutes et à tous, je l’espère de belles « claques » littéraires et socio-cultrelles !

Littérature féministe : les 5 incontournables à lire – #pauseslettrees

2 mots sur “Littérature féministe : les 5 incontournables à lire – #pauseslettrees

  • 27 août 2018 à 18 h 41 min

    Une belle sélection pour nous rappeler que rien n’est encore acquis ! Une phrase du magasine Causette : « Le féminisme c’est comme le ménage. Si on s’y attèle pas régulièrement, on finit par s’habituer à la crasse ».

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